Texte et Photo: Eric Collard
Pourquoi un FUKA ?
Après des années d’arrêt de l’aéromodélisme (30 au bas mot), je reprends tranquillement ma progression vers des machines de plus en plus intéressantes.
J’ai commencé par un Switch pour retrouver les bases du vol de pente (je recommande) et mon vieux MiniJ dans les conditions light. J’ai suivi par un STIGRA en EPP qui me sert de testeur de pente et de modèle de brousse pour exploiter les pentes bardées de caillasse de la région marseillaise. Avec ce STIGRA, j’ai découvert le vol type VTPR, ultra-maniable dans un petit espace et proche du pilote. Je cherchais un modèle dans le même gout, mais avec de l’accélération, de la pénétration dans le vent, et de la ressource.
J’ai longtemps hésité entre le KAREI de Jerem’aero, et le FUKA de frédéric Hamon. Les deux présentent l’avantage d’être fabriqués en France et il me parait important de faire travailler les artisans français dès que l’on peut. J’ai choisi le FUKA pour avoir un modèle de plus petite taille, donc plus facile à caler dans la voiture être la planche à voile et le vélo.
C’est un VTPR en construction traditionnelle : fuselage moulé fibre / ailes polystyrène coffrées balsa, conçu autour d’un profil TP66 (aile) et TP29 (Stab), pour une envergure de 1m65.
L’échange avec Fred a été très fluide, et j’ai choisi une formule où il a fait pas mal de boulot, y compris mise en croix, l’entoilage vinyle avec déco personnalisée. Il restait quand même un peu de boulot, alors je vous propose un step by step des opérations à réaliser avant de mettre la bête en l’air.
Contact : https://fred-vtpr-gliders.e-monsite.com
Montage et finitions
Installation des servos d’aile
On commence par le fraisage des emplacements de servos dans les ailes, à la défonceuse, puis le placage des fonds de puits avec un contreplaqué de 0.5mm.
On en profite pour faire passer des câbles grâce aux fils guides laissés en place par Fred lors du placage des ailes.
Pour les servos, j’ai suivi les conseils du constructeur en optant pour les BMS115 BlueBird.
Ils sont vissés dans 2 petits tasseaux collés sur le contreplaqué.
Des palonniers sont découpés dans une plaque de fibre de verre de 1mm (plans fournis par Fred), puis collés à la résine dans les gouvernes. La liaison est basique : corde à piano coudée en Z, soudée sur une chape réglable … tout simplement.
De l’autre côté, les 2 servos de chaque aile sont connectés à une prise Multiplex femelle. Ma méthode perso : les deux + et les 2 - sont soudés groupés sur deux broches centrales, et les 2 signaux sont soudés sur les pins externes.
On fait la même chose côté fiche mâle avec les prises qui iront sur le récepteur.
Contrairement à mes autres modèles, je n’ai pas collé les prises Multiplex dans les couples d’emplanture d’aile et dans les flancs de fuselage. Le fuselage étant très souple, il aurait fallu beaucoup le renforcer dans cette zone pour qu’une connexion « automatique » puisse fonctionner. De plus, comme on fixera les ailes avec un système élastique (voir plus loin), il y aurait eu trop de risque de déconnexion en vol. On se contenta donc de connecter les prises mâle et femelles mensuellement, et de laisser le tout libre dans le fuselage.
Commande de profondeur
L’étape suivante consiste à monter le palonnier de commande de profondeur avant de coller le couple support de la dérive.
Le palonnier doit tourner librement sur un morceau de tube carbone qui fait office d’axe. La clé (jonc carbone) des 2 stabilisateurs viendra s’insérer dans le petit tube.
J’avais pour projet de laisser ce jonc amovible, mais je n’ai pas réussi à faire tenir le tube de façon suffisamment solide avec un collage interne. Une fois tout fermé par le couple de dérive, on ne pourra plus intervenir sur cet assemblage, donc on a intérêt à ce que ce soit suffisamment fiable. J’ai donc fini par coller le tube et le jonc carbone, tout en laissant bien t’entendu le palonnier libre en rotation sur le tube (solution 1). L’autre solution fiable consisterait à percer le fuselage un peu plus large de façon à laisser le tube le traverser et effectuer un collage externe (solution 2).
Platine radio
L’étape suivante consiste à découper la platine (plan fourni) puis ajuster les perçages pour les servos choisis. Pour ma part, ce sera un KST CM509MG pour la dérive, et un KST X10 pour la profondeur. Le servo de dérive est placé en position centrale, et celui de profondeur sur un côté.
La platine radio est alors collée avec de la résine epoxy chargée de micro-ballon et silice. Elle est volontairement positionnée en biais pour permettre à la commande de profondeur de passer au-dessus des câbles de dérive. Sur la photo ci-dessous, le trait rouge représente la platine, le bleu de commande de dérive, et le vert la commande de profondeur.
Attention : la commande de profondeur doit tout le même passer sous le tube de clé d’aile. Veillez donc à positionner la platine suffisamment bas.
Les servos sont mis en place, puis la commande de profondeur est réalisée avec un tube carbone de 4mm.
Du côté palonnier de profondeur, j’ai collé directement une chape acier. De toute façon, cette partie ne sera plus accessible ensuite. Côté servo, j’ai utilisé une chape alu à rotule, vissée sur un embout de chape fileté, lui-même collé dans le tube carbone. Cela laisse une possibilité de réglage pour que le neutre soit parfait.
Commande de dérive
On commence par découper un palonnier dans la plaque de fibre de verre de 1mm. J’ai choisi de le faire en une pièce pour que les câbles ne tirent pas sur le collage. Il faut ensuite évider la dérive pour passer le palonnier, puis le coller à l’epoxy.
Connexion Ailes / Fuselage
Après collage des 2 tubes de clé d’aile, il reste à assurer le maintien en place des ailes. J’ai choisi une solution basique mais efficace : 2 crochets vissés dans les couples d’emplanture des ailes, un passage oblong dans chaque flanc du fuselage, et un gros élastique qui relie les 2 crochets. Compte tenu de la souplesse des flancs, cela permet de ne faire supporter aucune contrainte par ces derniers.
Installation radio
On touche au but en finalisant l’installation radio avec un récepteur 6 voies, et un interrupteur magnétique. Pour l’accu de réception, j’ai choisi un 1000 mah en 2S plat. Il vient se loger dans le nez juste derrière le lest.
Centrage
Pour confectionner le lest, j’utilise toujours la même technique. Je plante le nez du planeur dans un pot contenant du sable mouillé, afin d’avoir une empreinte, puis je coule du plomb fondu dans cette empreinte. Une fois refroidis, un petit coup de ponçage, pour ajuster la forme et le poids puis on colle le tout dans le nez avec une pointe d’epoxy.
Réglages débattements
- Dérive : max avec pas mal d'expo pour avoir un peu de finesse autour du neutre.
- Profondeur : +15/-15 ça suffit. Expo 15%
- Ailerons +20/-20 mm pas de différentiel. Peu d'expo
- Volets couplés aux ailerons tout le temps : +10/-10 pas de différentiel et peu d'expo, idem ailerons.
- Snapflap (préconisation de Fred, pas encore testé pour ma part) : Volets couplés à la profondeur. Idéalement une courbe personnalisée qui te permette d'avoir 3 mm de courbure dès que tu touches le manche de profondeur puis plus rien jusqu'à 80% des débattements de ton stick et sur les derniers 20% 8 à 10 mm. En gros :
- Profondeur a cabrer au max, les volets se baissent de 8 mm
- Profondeur à piquer au max les volets remontent de 8 mm.
- Crocodile :
- Volets baissés au max (je règle planeur posé au sol, je descends les volets jusqu'à ce qu'ils soient en contact avec le sol et je relève de 5 mm)
- Ailerons relevés de 5 mm (juste pour stabiliser l'aile, pas besoin de plus, les volets freinent assez).
- Compensation profondeur entre 6 et 7 mm à piquer.
Housses
Pour finaliser ma préparation, j’ai sorti la vielle singer pour faire quelques housses, histoire de protéger les profils et ne pas perdre les différentes clés (2 pour les ailes, 1 pour les stab)
Premier vol
J’ai profité du dégel pour faire un tour à Sederon et découvrir un site de vol particulièrement intéressant.Conditions : Nord 6-8m/s
Dès le premier lancé, le FUKA est très neutre. Aucune retouche de trim sur les ailerons, et juste un cran sur la profondeur.
Avec des conditions plutôt porteuses, le FUKA monte vite et accélère fort ! Par rapport au STIGRA, ça fait presque peur (je n’ai pas l’habitude), mais les trajectoires ressemblent enfin à celles d’un vrai planeur.
Grace à des gouvernes surdimensionnées, le taux de roulis est impressionnant, mais tout est très précis. Idem à la profondeur et à la direction : le FUKA est un planeur très vif et dynamique, mais à la fois très facile à piloter car prévisible et réactif.
J’ai peaufiné le réglage de la compensation du crocodile : Il m’a fallu en mettre bien plus que prévu, car avec des flaps très baissés et des ailerons très peu relevés, cela nécessitait une compensation importante à piquer.
Pour ce premier vol, je me suis contenté de jouer avec les trajectoires, et de profiter des magnifiques ressources. Pour la voltige de base, on jouera plus tard.
Reste à tester le poser sur un spot que je ne connais pas du tout, et avec un planeur bien plus rapide que ceux dont j’ai l’habitude. Fort heureusement, le sommet très arrondi de Sederon permet une approche en faisant le tour de la pente pour se poser face au vent sans trop de turbulences. Les flaps sont très efficaces, et permettent une approche et un atterrissage en douceur dans l’herbe bien douillette.
Je suis super satisfait de ce premier contact, et j’attends avec impatience d’autres conditions « sympa » pour continuer cette belle découverte. A suivre donc !!!
Reste à tester le poser sur un spot que je ne connais pas du tout, et avec un planeur bien plus rapide que ceux dont j’ai l’habitude. Fort heureusement, le sommet très arrondi de Sederon permet une approche en faisant le tour de la pente pour se poser face au vent sans trop de turbulences. Les flaps sont très efficaces, et permettent une approche et un atterrissage en douceur dans l’herbe bien douillette.
Je suis super satisfait de ce premier contact, et j’attends avec impatience d’autres conditions « sympa » pour continuer cette belle découverte. A suivre donc !!!
