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Saturday, March 20, 2021

Wasabi, un F3F sauce piquante !

Auteur : Pierre Rondel  -  Photos: Joël Marin & Pierre Rondel

Introduction

Le marché du planeur F3F tout composite se porte bien. Il n'y a qu'à voir les délais de livraison qui s'allongent et les prix qui s'envolent chez certains fabricants. De plus les compétiteurs sont dans leur majorité souvent très conservateurs et il n'est pas rare qu'ils achètent le même planeur que le voisin, non pas parce c'est le meilleur planeur, mais parce qu'ils ne veulent pas prendre de risque. Du coup on approche parfois de compétition monotype, et ceci est bien dommage je trouve. Il est dès lors intéressant de se tourner vers les nouveaux venus et de s'intéresser à ce qu'ils offrent. C’est dans cette optique que je vous propose de découvrir un planeur récemment arrivé sur le marché, fabriqué par AviatikComposites, basé en Slovaquie, le Wasabi. Nous allons également, dans l'essai qui suit, vérifier si la proposition est aussi épicée que l’évoque son nom !

Faisons les présentations rapides !


La partie aérodynamique du Wasabi a été pensée en collaboration avec Dirk Pflug. Le planeur fait 3m d'envergure, soit un tout petit peu plus que la moyenne habituelle, mais reste cependant dans les dimensions idéales pour le vol de pente et le F3F. La forme d'aile est elliptique avec des saumons arrondis et une flèche moins prononcée pour diminuer l'effet Vortex au saumon. Les ailerons et gouvernes de stab ne sont pas débouchant pour des raisons pratiques selon le fabriquant.  Le fuselage ne cède pas à la mode du "slim" et est comparable à un fuselage de Freestyle 3 ou Pike Precision 1.  Il accueille un compartiment à Ballast, qui s'ajoute au ballast de clé et des ailes. Nous verrons plus tard que le ballast de fuselage peut avoir son intérêt.

Il est important de remarquer que le Wasabi peut dépasser allègrement la limite FAI des 75gr/dm2 si l'on remplit l'ensemble des compartiments à ballast, il faudra donc rester vigilant en compétition afin de respecter les règles FAI. Le Wasabi est proposé en plusieurs version du simple carbone 160 à un prix d'attaque attractif, au double carbone 160/160 en passant par des layups plus léger tel que le simple ou double carbone 90, bref tout le monde trouvera chaussure à son pied en fonction de ses habitudes de vol et ses objectifs. Personnellement, j'ai pris la version double carbone 160/90 qui offre un bon compromis robustesse/poids. Regardons maintenant la composition et la qualité du kit.



Un kit complet et de belle qualité !

Le carton une fois ouvert, on découvre le Wasabi parfaitement emballé (C'est un point important car quand on sait comment les paquets sont transportés et manipulés par les transporteurs, on ne dort plus la nuit !!!!) 

Les ailes et empennages sont livrés dans leur jolie housse (La housse de fuselage est-elle en option), les platines et le système LDS MPJet  avec tout l'accastillage nécessaire pour le montage des servos dans les ailes, les faisceaux de câbles partiellement préparés et soudé. Le ballast et spacers de fuselage et d'aile (ballast de clé en option). On trouve même un gabarit de réglage de neutre pour l'aile et le stab, gentille attention !

Intéressons-nous maintenant de plus près aux éléments moulés : Ils sont de superbe facture, avec une très belle peinture sans bavure, des découpes très propres. Les ailes laissent deviner un souci du détail avec par exemple la nervure d'emplanture en carbone parfaitement réalisée avec l'ouverture pour le connecteur vert MPX. Le compartiment à ballast ou la boite à clé montrent des angles parfaits et un état de surface miroir. La clé s'insère sans forcer et sans jeu. Les pions d'ailes sont bien entendu déjà posés.

Côté stab, on retrouve également la nervure d'emplanture en carbone. Manivelle de commande et pions de centrage sont en place. Seul petit bémol (il faut bien que je trouve quelque chose), les chapes a boules ne sont pas complément dégagées et accessibles une fois les stab montés. Il ne manque que 3 ou 5 mm pour une parfaite accessibilité, c'est dommage.


Le fuselage est bien avancé dans son montage puisque le tube à ballast est déjà posé, la platine servos terminée avec des inserts laiton pour vis M2 est prête à recevoir les servos. Le plan de joint est presque invisible montrant une belle maitrise du moulage. Il reste juste à terminer les commandes de profondeur coté servos et à faire le câblage. Les commandes de profondeurs sont en jonc fibre de verre gainé téflon, coulissant dans une gaine plastique. Personnellement, j'aime bien cette solution que je préfère au jonc carbone rigide.

La Clé d'aile, quant à elle, est particulièrement large et d'une seule pièce, et inspire confiance. Le plomb de centrage est fourni.

Tous les éléments s'emboitent facilement et s'ajustent parfaitement une fois monté, aucun jeu nul part, bref du bel ouvrage et un beau kit !

Assemblage, une simple formalité !

J'ai commencé par préparer et terminer les faisceaux de câble pour le fuselage et les ailes. Celui destiné au fuselage partage le + et le moins pour 2 servos, ce que je trouve inutile car cela crée un point de panne non nécessaire et permet de passer moins d'ampérage. J'ai donc changé l'un des câbles pour avoir 2x 3 fils par prise verte, sans partage du plus et de la masse.

Ensuite, comme sur tous mes planeurs, lors de la pause du connecteur MPX vert dans le karman, je colle 2 petites platines en CTP 1mm qui travers de part en part avec un retrait de 2mm de chaque côté afin de servir de butée lors du collage des prises. J'utilise également un gabarit en impression 3D qui garantit que la prise affleure et est bien perpendiculaire au Karman. Les prises collées et les câbles passés vers l'avant, on continue avec les servos de profondeur. Le montage des servos de profondeur est un régal. Pas de trou à percer, pas logement à élargir, le servo MKS HV6125e rentre sans effort, sans abimer le fil et se vis directement avec les vis M2. N'ayant pas de vis fournis dans mon kit (je ne sais pas si c'est un oubli ou si ces vis ne sont pas fournies) j'ai simplement utilisé des vis de palonnier de servo métal Futaba qui font le bon diamètre et la bonne longueur et que l'on trouve en petit sachet en magasin spécialisé.  Pour terminer les commandes, on monte les stab, scotche la gouverne au neutre avec du scotch papier, puis on calcul précisément la longueur à couper et a dénuder (enlever la couche en téflon) pour coller à l'époxy rapide l'embout fileté en laiton fourni. J'ai remplacé les chapes métal M2 par des chapes plastiques/axe métal MPjet que j'utilise habituellement sur tous mes planeurs et dont je suis particulièrement satisfait.

On laisse le fuselage de côté pour s'attaquer aux ailes et l'installation du LDS et des supports de servos. Tout d'abord coller le guignol et le bras en époxy coté gouverne en s'assurant que le bras et bien perpendiculaire à l'axe de la charnière. Les bras pour les ailerons sont un peu plus courts que ceux des volets à cause du neutre des servos et la différence de débattement. Passons aux cadres de servos. Dans mon cas, j'ai dû poser les inserts laitons pour les cadres des ailerons car la position de la vis peut varier en fonction du modèle de servos MKS choisi. Pour ma part, j'ai mis les HBL6625 mini. On perce donc à 3 mm puis on vient insérer l'écrou-griffe en laiton avec un petit marteau. 

On peut maintenant coller les supports de servos, avec le servo en place avec sa tête de servos, mais sans son axe en ce qui me concerne, le cadre venant de toute façon s'appuyer contre le longeron. Une fois sec, on peut terminer finaliser le montage des servos, avec le bon décalage de neutre à la radio. Il reste à coller (pour ceux qui le souhaitent) le connecteur vert à l'emplanture, avec 2 petites cales en bois derrière la nervure pour augmenter la surface de collage. Lors du collage prenez bien soin de tout protéger avec du scotch fin et du démoulant pour que les prises ne restent pas collées entre elles. La colle utilisée est de l'époxy 30 minutes de R&G.

Bien que le volume de fuselage soit plus important la longueur disponible reste limitée en raison de la présence du tube à ballast et de la distance de dégagement nécessaire. Ma batterie de réception est en 2S Lion 18650 en ligne. J'ai raccourci le plomb le centrage de 1cm pour gagner un peu de place, et j'ai placé ce plomb enlevé au-dessus de la batterie. Le récepteur, un REX6 bien de positionner à plat au-dessus de la batterie, juste devant les servos. L'excédent de fil étant caché en dessous. 


En vol

Mon planeur en version double carbone 160/90 pèse à vide 2.5kg, ce qui est un peu plus (50gr à 100grs) que le poids annoncé sur le site du fabricant, mais rien de critique pour autant. Le premier vol s'est passé dans des conditions idéales sur une belle pente accueillante et avec un bon vent. Pour ce premier vol, j'ai ballasté le planeur pour un poids en ordre de vol un peu en dessous de 2.9kg. Dès le lancer, le Wasabi a montré une belle énergie et vitesse, au point que j'ai commencé à faire des bases pour voir ce qu'il avait dans le ventre. Et je n'ai pas été déçu ! Grosse vitesse sur trajectoire et gros appuis, belle agilité et réactivité sur les ailerons et la profondeur. J'ai pu enchainer des dizaines de base sans que le planeur s'essouffle. Pas petit temps le Wasabi ne démérite pas, mais son poids le pénalise cependant un peu. si l'on considère que le poids idéal à vide pour un vent de 3m/s est d'environ 2.3kg, cela signifie que la planeur commence à respirer à 5m/s, à vide, que l'on commence à le ballaster à partir de 6m/s de vent, par tranche de 100gr par m/s supplémentaire comme première approximation, à moduler en fonction de la forme de la pente, son altitude, et son efficience.



Le compartiment à ballast du fuselage permet d'ajuster le centrage du planeur en avançant ou reculant le ballast dans ce dernier, permettant ainsi quel que soit la charge embarquée de rester sur le CG initial

En vol loisir, le Wasabi est agréable, aussi bien à la recherche de thermique et en spirale qu'en voltige et le vol dos peut tenir à l'infini quand les conditions et la volume de vol le permettent. L'atterrissage court grâce au mixage butterfly est une simple formalité. On pensera bien a redonner un peu de vitesse horizontale avant de toucher le sol, surtout quand le planeur est ballasté afin d'éviter que le planeur tape le sol lourdement. Bref ce Wasabi regroupe toutes les qualités que l'on attend d'un planeur tout plastique. L'année 2020 appelée aussi " l'année Covid"  ayant été très pauvre coté compétition F3F (pas d'Eurotour ou world cup, pas de league national à part quelques concours avant le confinement ou au cet été), je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de l'utiliser encore.



Le mot de la fin

Au final, c'est une belle surprise que ce Wasabi F3F, avec un kit de très belle qualité et un planeur plein de ressources, compétitif de surcroit en terme de performance pour le F3F. Il constitue une belle alternative aux planeurs que l'on croise d'habitude sur le circuit. Son positionnement au niveau du prix en fait un planeur encore plus attractif. Alors si vous êtes en recherche d'un planeur tout plastique pour la compétition F3F ou plus généralement le vol de pente, car je le rappelle ce sont des planeurs d'une extrême polyvalence, et bien le Wasabi mérite toute votre attention. Bon vols et bon atterrissages à tous ! 



Caractéristiques

  • Envergure: 3000mm
  • Longueur: 1452mm
  • profil: DP
  • Surface Alaire: 56,2dm2 
  • Surface empennage: 5,5dm2 
  • Surface FAI: 61.7 dm2
  • Poids Max FAI: 4627g
  • Poids à vide: de 2250gr à 2500gr selon version
  • Fabriquant : aviatikcomposites.sk
  • Email: stancekjuraj@gmail.com

Réglages

 



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